Le manifeste milanais du prêt-à-porter en haute joaillerie
Pino Rabolini, héritier d’une famille lombarde de joailliers, fonde Pomellato en 1967 à Milan avec une intuition qui transformera durablement le marché : appliquer à la haute joaillerie la grammaire du prêt-à-porter, alors en pleine effervescence dans la mode italienne. Cette maison milanaise rompt ainsi avec la cérémonie vendômoise et propose des bijoux destinés à être portés tous les jours par une femme active, urbaine, créative. La griffe Pomellato installe son atelier dans le quartier de Brera, future adresse historique parmi les maisons emblématiques de l’orfèvrerie milanaise, et adopte très tôt l’or rose comme métal de signature, là où l’or jaune dominait encore largement la profession.
Le poinçon « Pomellato » gravé en lettres bâton, la mention « 750 » pour l’or 18 carats et le poinçon italien de garantie constituent le triple repère d’authentification rigoureuse pour les bijoux signés Pomellato d’occasion. Cette traçabilité, encadrée par la législation italienne, demeure l’un des marqueurs les plus fiables du marché des bijoux de luxe signés transalpins.
Nudo, manifeste chromatique de la griffe
Lancée en 2001, la collection Nudo incarne le manifeste de la maison : une pierre de couleur posée presque sans monture, maintenue par un anneau d’or rose qui laisse la gemme respirer — d’où son nom. Quartz lemon, prasiolite, améthyste, topaze bleue London, rubellite : la grammaire chromatique de Nudo a fondé un genre, repris depuis par toute la profession sans en égaler l’origine, et s’est imposée parmi les créations signatures les plus identifiables de l’orfèvrerie milanaise.
Aux côtés de Nudo, les collections Sabbia (pavé de diamants noirs et blancs sur surfaces texturées), Iconica (anneaux et bracelets architecturés), Tango (1996) et M’ama Non M’ama composent un répertoire reconnaissable. La maison fait du cabochon, de la couleur saturée et de la légèreté de port ses signatures techniques, ce qui distingue les bijoux griffés Pomellato des joailliers de renom parisiens centrés sur le diamant blanc.
L’intégration au groupe Kering en 2018 a renforcé la lisibilité internationale de la griffe sans en altérer l’identité milanaise. Les bijoux signés Pomellato antérieurs à cette date, particulièrement les premières séries Nudo et les éditions Tango, constituent un segment recherché par les collectionneurs avertis pour leur valeur d’investissement et leur rareté relative au sein du patrimoine joaillier italien.
Marché secondaire et lecture experte
Les pièces signées Pomellato apparaissent régulièrement chez Christie’s, Sotheby’s, Il Ponte à Milan et Wannenes, où Nudo soutient une cote stable, particulièrement pour les modèles d’avant 2010. Les pièces d’exception en édition limitée et les pièces uniques de la haute joaillerie de la maison, plus confidentielles, alimentent un second marché tenu par les amateurs éclairés et les bijoux des grandes maisons italiennes.
L’expertise gemmologique est ici déterminante : la valeur d’un bijou issu du marché secondaire repose largement sur la qualité de la pierre de couleur, sa saturation, sa pureté et son traitement éventuel. Lorsque les certificats SSEF, Gübelin ou GRS accompagnent la pièce, le faisceau d’authentification atteint sa plénitude et conforte la valeur refuge des pierres rares concernées. Les éléments d’authentification font l’objet d’examens approfondis par les experts gemmologues.
Les amateurs de Pomellato sont invités à parcourir la sélection à la Grygorian Gallery, au Palais de la Scala à Monaco, où l’expertise développée par Eduard Grygorian, IGI Colored Stones Grader fort de seize années d’expérience en haute joaillerie, accompagne chaque acquisition de joaillerie signée italienne.