Héritage vendômois et liberté contemporaine
Nicole, Ben et David Tarkieltaub ouvrent en 1975 leur première adresse au 8 place Vendôme, en plein cœur de l’épicentre mondial de la joaillerie. Leur ambition : proposer une alternative à la haute joaillerie cérémonielle des grandes maisons voisines, sans rien céder à la rigueur du savoir-faire parisien. La griffe Poiray se construit ainsi en marge des codes vendômois, tout en s’inscrivant pleinement parmi les maisons emblématiques de la Place Vendôme.
Cette maison parisienne fait du bijou un objet vivant, transformable, pensé pour accompagner la femme active sans rituel ni protocole. L’idée d’interchangeabilité, encore rare en haute joaillerie en 1975, deviendra le marqueur de la griffe et inspirera, des décennies plus tard, les collections modulables d’autres joailliers de renom.
Le poinçon Poiray, accompagné du poinçon de maître français et d’une numérotation séquentielle gravée sur les bracelets de montre ou les corps de bagues, constitue le premier élément d’authentification rigoureuse pour les bijoux signés Poiray d’occasion.
Quand Ma Première invente le bijou interchangeable
Lancée en 1976, la montre Ma Première fonde le vocabulaire de la maison : un boîtier rectangulaire chanfreiné, des bracelets de cuir interchangeables, un mécanisme de fixation breveté permettant à la pièce de changer d’allure au fil de la journée. Cette innovation a fait entrer les bijoux signés Poiray dans le cercle restreint des bijoux de luxe signés à la fois iconiques et fonctionnels.
Les collections Cœur Entrelacé, Indrani, Tresse et Fileuse d’Or complètent ce répertoire à travers une grammaire géométrique reconnaissable, marquée par des entrelacs d’or et des sertis tendus. Ces pièces d’exception emblématiques apparaissent régulièrement chez Artcurial et Christie’s Paris, où elles soutiennent une cote stable, particulièrement pour les éditions antérieures à 1995 — créneau privilégié des collectionneurs avertis à la recherche, parmi les bijoux des grandes maisons parisiennes, d’une valeur d’investissement discrète portée par les bijoux griffés Poiray.
Lire une pièce Poiray à travers ses archives
Au-delà du poinçon, l’identification d’une pièce signée Poiray repose sur la cohérence des mécanismes interchangeables, sur la qualité du sertissage et sur les papiers d’origine. Lorsque l’écrin d’origine et le certificat d’authenticité accompagnent la pièce, le faisceau probant atteint sa plénitude. Les éléments d’authentification font l’objet d’examens approfondis par les experts gemmologues et les spécialistes en joaillerie.
Les pièces signées Poiray issues de seconde main bénéficient d’un marché relativement confidentiel : la production limitée, l’absence de campagnes médiatiques à grande échelle et l’attachement des premières clientes parisiennes nourrissent une rareté authentique. Cette joaillerie de prestige se transmet souvent comme bijou de famille, élément vivant du patrimoine joaillier parisien, ce qui explique la dispersion lente des pièces sur le marché secondaire.
Pour orienter votre choix parmi les pièces signées Poiray, prenez rendez-vous à la Grygorian Gallery, au Palais de la Scala à Monaco, où les seize années d’expérience d’Eduard Grygorian au sein des grandes maisons parisiennes éclairent chaque acquisition de haute joaillerie.