Le privilège des Médicis et la fondation d’une dynastie
L’histoire de la maison commence par un acte rare : en 1613, la reine régente Marie de Médicis accorde à la famille Mellerio, originaire de la vallée italienne du Val d’Ossola, un privilège royal de commerce d’objets précieux en France. De cette grammaire italo-française naît la première dynastie joaillière européenne dont la continuité familiale n’a jamais été interrompue. Quatorze générations se sont depuis succédé à la tête de cette maison parisienne, cas unique parmi les joailliers de renom mondiaux et fondement même du patrimoine joaillier de la griffe.
L’installation au 9 rue de la Paix en 1815, dans l’Hôtel Mellerio, ancre la maison parmi les maisons emblématiques de la Place Vendôme et de ses abords immédiats. Le bâtiment abrite aujourd’hui plus de cent mille dessins, esquisses et registres d’archives remontant au début du XIXᵉ siècle, ressource déterminante pour l’authentification rigoureuse des bijoux signés Mellerio dits Meller d’occasion.
Le poinçon « Mellerio » accompagné de la numérotation séquentielle gravée à l’intérieur des anneaux et sur les fermoirs constitue le premier repère d’identification. Les pièces d’exception antérieures à 1900 portent souvent des poinçons parisiens d’époque distincts, élément de provenance documentée déterminant pour les amateurs éclairés et les collectionneurs avertis du marché secondaire.
Des cours royales européennes au répertoire contemporain
Joaillier de Marie-Antoinette, de Joséphine de Beauharnais, puis officiel des cours d’Espagne sous Isabelle II et Marie-Christine, Mellerio dits Meller a écrit certains des plus beaux chapitres de l’histoire des diadèmes européens, alimentant durablement la valeur d’investissement de la griffe. La couronne de mariage d’Eugénie de Montijo en 1853, plusieurs pièces conservées au Petit Palais et au Musée des Arts Décoratifs témoignent de cet ancrage dans la haute joaillerie signée des grandes commandes officielles.
Lancée à la fin du XIXᵉ siècle puis réinterprétée à l’époque contemporaine, la collection Chardon — fleur symbole de la maison, héritée des armoiries lorraines — fonde un genre. Les collections Médicis, Isadora et Plumes complètent ce vocabulaire reconnaissable et ancrent les bijoux griffés Mellerio dits Meller parmi les bijoux de luxe signés à la fois patrimoniaux et portables. Les pièces de la maison apparaissent régulièrement chez Christie’s, Sotheby’s, Tajan et Artcurial, soutenant une cote particulièrement stable des bijoux signés Mellerio dits Meller du XIXᵉ siècle et de la Belle Époque (1890–1915).
Quand l’archive familiale guide l’expertise
Lorsque les certificats d’origine, les papiers d’origine ou l’écrin d’origine accompagnent la pièce, l’identification d’une pièce Mellerio issue du marché secondaire repose sur un faisceau probant : poinçon de maître, numérotation séquentielle, cohérence des techniques d’époque et confrontation aux fiches du catalogue raisonné de la maison. Les éléments d’authentification font l’objet d’examens approfondis par les experts gemmologues et les spécialistes en haute joaillerie, dont l’expertise gemmologique permet de confronter la pièce aux archives familiales conservées rue de la Paix.
Pour identifier la pièce signée correspondant à votre projet de collection, prenez rendez-vous à la Grygorian Gallery, au Palais de la Scala à Monaco, où l’expertise développée par Eduard Grygorian, fort de seize années passées au sein des grandes maisons parisiennes, éclaire chaque acquisition d’élégance intemporelle issue de la joaillerie signée européenne.