La collection de 1932 comme acte fondateur
La présentation des Bijoux de Diamants, en novembre 1932, constitue le moment fondateur de la haute joaillerie signée Chanel. La créatrice y dévoile un vocabulaire formel inédit pour une couturière: comètes traversant le cou sans fermoir visible, plumes articulées, nœuds de ruban en pavé de diamants, soleils et lunes empruntés à son univers personnel. Ce répertoire iconographique a depuis traversé près d’un siècle sans s’épuiser, repris et réinterprété à chaque collection de haute joaillerie de la maison.
Le motif du camélia, fleur fétiche de Coco choisie pour son absence de parfum afin de ne pas concurrencer le N°5, occupe dans cette grammaire une place centrale. Présent dès les années 1920 en couture, transposé en joaillerie dans les décennies suivantes, il fonctionne comme une signature visuelle de la maison, au même titre que le matelassé hérité du sac 2.55. Ces signes distinguent immédiatement les bijoux griffés Chanel des autres créations de la place Vendôme.
L’année 1993 marque la réouverture structurée du département haute joaillerie, avec l’inauguration de la boutique au 18 place Vendôme, numéro choisi en référence à la suite que Coco occupait au Ritz, en vis-à-vis. Sous la direction du Studio de Création Joaillerie, confiée à Patrice Leguéreau depuis 2009, les bijoux signés Chanel ont consolidé leur place dans la haute joaillerie signée internationale.
L’authentification d’une griffe couture devenue joaillerie
Les pièces signées Chanel portent la griffe gravée «CHANEL», accompagnée de la tête d’aigle française pour l’or 18 carats, du poinçon de maître et d’un numéro de série propre à chaque création de haute joaillerie. Les créations sorties après 1993 s’accompagnent généralement d’un certificat d’authenticité numéroté délivré par la maison, document essentiel pour la traçabilité des bijoux Chanel d’occasion sur le marché secondaire.
L’écrin d’origine, recouvert du velours noir caractéristique frappé du double C, et les papiers de la maison complètent le faisceau d’authentification rigoureuse. Lorsque ces éléments font défaut, les experts gemmologues procèdent à un examen détaillé du sertissage, des proportions et des marquages, en référence aux catalogues raisonnés des collections successives. Cette expertise gemmologique permet de distinguer les pièces de la maison des productions extérieures qui empruntent occasionnellement à son vocabulaire visuel.
Une joaillerie de prestige à logique patrimoniale
Les pièces signées Chanel antérieures à 1993 demeurent rares sur le marché international et bénéficient d’une cote particulière chez Christie’s, Sotheby’s et Phillips, où elles apparaissent ponctuellement issues de successions privées. Les créations contemporaines de haute joaillerie, produites en éditions limitées ou en pièces uniques, complètent ce paysage avec une valeur d’investissement adossée à la rareté programmée et au rayonnement culturel de la maison.
Cette double temporalité, vintage et création actuelle, fait des bijoux de luxe signés Chanel une catégorie de joaillerie de prestige recherchée par les collectionneurs avertis et les amateurs éclairés, attentifs à la dimension patrimoniale autant qu’au plaisir d’usage. Le caractère iconique du camélia, de la comète ou de la plume garantit à ces pièces d’exception une lisibilité immédiate, indépendante des cycles de la mode.
Pour orienter votre choix parmi les pièces signées de la maison, la Grygorian Gallery, située au Palais de la Scala à Monaco, propose des consultations privées conduites par Eduard Grygorian, fort de seize années d’expérience au sein des grandes maisons parisiennes de haute joaillerie.