De la sellerie au vocabulaire joaillier
Lorsque Thierry Hermès ouvre en 1837 son atelier de selles et de harnais rue Basse-du-Rempart, à Paris, la joaillerie ne figure pas au programme de la maison. C’est par décantation lente, en transposant les pièces de quincaillerie nobles du harnachement, mors, mousquetons, boucles, chaînes, vers l’orfèvrerie, puis vers l’or et le platine, que la griffe s’installe dans le registre joaillier au XXᵉ siècle. Le déménagement au 24 rue du Faubourg Saint-Honoré, en 1880, fixe l’adresse historique qui demeure encore aujourd’hui le siège de la maison.
L’acte fondateur joaillier le plus identifié reste le motif Chaîne d’Ancre, dessiné en 1938 par Robert Dumas, gendre d’Émile Hermès, à partir des chaînes d’ancrage des bateaux observées à Port-Aval, en Normandie. Ce maillon allongé, alternant pleins et vides, est devenu la signature visuelle des bijoux griffés Hermès, déclinée depuis en bracelets, colliers, boucles d’oreilles et sautoirs. Le Collier de Chien, créé en 1949 à partir du collier à pyramides pour chien, prolonge cette logique de translation fonctionnelle vers la haute joaillerie de prestige.
Depuis 2001, Pierre Hardy assume la direction de la création joaillerie et haute bijouterie. Sous son impulsion, les bijoux de luxe signés Hermès ont consolidé leur place dans la haute joaillerie signée internationale, à travers des collections annuelles qui prolongent les codes équestres tout en explorant des écritures contemporaines, des Lignes Sensibles à The Shape of Colours.
Le poinçon comme signature transversale
Les pièces de la maison portent la griffe gravée, la tête d’aigle française pour l’or 18 carats, le poinçon de maître spécifique et un numéro de série propre à chaque création de haute bijouterie. L’écrin d’origine, frappé du logo orange et du calèche, et les papiers de la maison constituent le faisceau d’authentification rigoureuse attendu par les experts gemmologues pour les bijoux Hermès d’occasion sur le marché secondaire.
L’expertise gemmologique appliquée à ces créations tient compte d’une particularité de la maison: le périmètre joaillier englobe à la fois la haute bijouterie en pierres précieuses et une production en argent et or de jour, qui constitue une part importante du corpus circulant. Cette double échelle élargit la lecture de la cote et appelle, pour les pièces griffées de la maison, un classement précis avant intégration au catalogue.
Une cote tenue par l’iconicité du motif
Régulièrement adjugées chez Christie’s et Sotheby’s, les pièces de la maison bénéficient d’une cote particulièrement marquée pour les déclinaisons historiques de la Chaîne d’Ancre et du Collier de Chien, ainsi que pour les éditions limitées de haute bijouterie sous Pierre Hardy. Cette valeur d’investissement, soutenue par la reconnaissance immédiate du motif équestre, place les bijoux signés Hermès parmi les bijoux des grandes maisons les plus stables du segment, aux côtés des maisons emblématiques de la Place Vendôme. Le caractère iconique de la Chaîne d’Ancre garantit aux pièces griffées Hermès une lisibilité immédiate, indépendamment des cycles de la mode.
Pour orienter votre choix parmi les pièces signées de la maison, la Grygorian Gallery, au Palais de la Scala à Monaco, propose des consultations privées conduites par Eduard Grygorian, fort de seize années d’expérience au sein des grandes maisons parisiennes de haute joaillerie et de pièces d’exception.