Une maison fondée en 1827, refondée par Georges Mauboussin
L’atelier qui deviendra la maison est ouvert dès 1827 par le joaillier Rocher, rue Greneta à Paris. Repris par Baptiste Noury au milieu du XIXᵉ siècle, l’atelier acquiert sa physionomie actuelle en 1896, lorsque Georges Mauboussin en prend la direction et lui donne son nom. Cette double filiation, artisanale puis dynastique, distingue la maison parmi les joailliers de renom et inscrit les bijoux signés Mauboussin dans une généalogie de près de deux siècles d’activité continue.
Le tournant décisif intervient en 1923, avec le déménagement rue de Choiseul et l’ouverture d’un magasin adjoint aux ateliers, geste éditorial inédit qui annonce la décennie Art Déco. Deux ans plus tard, la maison reçoit un Grand Prix à l’Exposition Internationale des Arts Décoratifs et Industriels Modernes de 1925, événement qui fonde le vocabulaire visuel de l’époque et consacre les bijoux griffés Mauboussin parmi les références du genre.
L’écriture Art Déco au prisme des trois pierres
La singularité de la maison dans les années 1928-1931 tient à un geste éditorial rare pour l’époque: trois expositions monographiques successives, consacrées chacune à une pierre maîtresse — l’émeraude en 1928, le rubis en 1929, le diamant en 1931. Cette approche encyclopédique installe la maison comme référence d’expertise gemmologique au sein de la place Vendôme, où elle s’installe définitivement en 1955, au numéro 20.
Les pièces de la maison de cette période portent les codes Art Déco les plus identifiables: contrastes géométriques, sertis calibrés en bandes parallèles, alliances de platine et de pierres polychromes choisies pour leur saturation. La clientèle historique inclut Marlene Dietrich, Greta Garbo et, plus tard, le Sultan de Brunei, témoignages de l’inscription internationale des bijoux signés Mauboussin dans la culture du XXᵉ siècle, où la haute joaillerie signée trouve une de ses signatures les plus reconnaissables.
À l’époque contemporaine, sous la direction d’Alain Némarq depuis 2002, la maison a relancé son ancrage grand public avec les collections Chance of Love et Nadia, dont les motifs (le trèfle à quatre feuilles autour d’un diamant central pour la première) sont devenus des repères graphiques reconnaissables. Ces collections sont mentionnées comme contexte historique, non comme indicateurs du contenu actuel du catalogue de la galerie.
Une cote ancrée dans le segment Art Déco
Les bijoux signés Mauboussin portent la griffe gravée, la tête d’aigle française pour l’or 18 carats et le poinçon de maître de la maison, complétés d’un numéro de série pour les créations de haute joaillerie. L’écrin d’origine, frappé de l’étoile à quatre branches, et les papiers d’archive participent du faisceau d’authentification rigoureuse mobilisé par les experts gemmologues pour les bijoux Mauboussin d’occasion sur le marché secondaire.
Régulièrement adjugées chez Christie’s, Sotheby’s et Artcurial, les pièces signées de la maison de l’époque Art Déco bénéficient d’une cote particulièrement marquée, soutenue à la fois par la qualité gemmologique et par leur valeur documentaire pour l’histoire du style. Cette valeur d’investissement place les pièces griffées Mauboussin parmi les bijoux des grandes maisons les plus suivis par les collectionneurs avertis du segment Art Déco, aux côtés des bijoux de luxe signés Cartier, Van Cleef & Arpels ou Boucheron de la même décennie, dans un registre d’élégance intemporelle propre à la décennie 1920-1930. La sélection complète des pièces signées est explorable à la Grygorian Gallery, au Palais de la Scala à Monaco, où Eduard Grygorian et son équipe accompagnent les amateurs éclairés forts de seize années de pratique au sein des grandes maisons parisiennes de haute joaillerie.