La vision de Marina Bulgari
Dès l’ouverture de son premier showroom à Genève en 1978, Marina B s’impose dans les adresses les plus sélectives d’Europe, de Monte-Carlo à Gstaad, de Saint-Moritz à Paris et New York. Le vocabulaire formel qu’elle développe est immédiatement reconnaissable : la taille « Chestnut » qu’elle crée en 1980, à mi-chemin entre le trilliant et la poire, devient une signature gemmologique exclusive à la maison. Le modèle Pneu, dessiné dès 1978, avec son centre serti en cabochon caractéristique ; les formes Ondas en vagues ; l’utilisation pionnière de l’or noir, obtenu par un procédé d’oxydation spécialisé maîtrisé par un nombre restreint d’ateliers italiens. Comme l’observe la critique joaillière Vivienne Becker, Marina Bulgari était « fascinée par l’ingénierie : préoccupée par la façon dont un bijou était fabriqué, dont les pierres étaient serties, dont il se déplaçait et fonctionnait avec le corps. »
Cette obsession technique produit des bijoux vintage d’une complexité structurelle exceptionnelle : colliers à ressorts montés sur mesure, pièces modulaires avec éléments interchangeables, constructions en pavé diamant conçues pour épouser le mouvement du corps. Les pierres précieuses cabochons — tourmalines roses, cristal de roche, onyx, turquoise — apparaissent en or jaune 18 carats (750), typiquement montées dans des montures sculpturales organiques avec des géométries à pétales polis caractéristiques. Les pièces de la période Rétro des années 1980 présentent souvent des pierres de 8 à 15 mm en diamètre cabochon, une échelle choisie délibérément pour affirmer leur présence sans nuire à la portabilité.
Authenticité et curation
Les bijoux d’occasion signés Marina B présentent des critères d’authentification précis qui distinguent les pièces originales des reproductions tardives. Les créations sont signées et numérotées individuellement ; la présence simultanée de la signature et du numéro de série sur une pièce constitue l’un des indicateurs d’authenticité les plus clairs. Les marqueurs constructifs spécifiques à la maison comprennent les mécanismes de montage à ressort, les joints de connexion modulaires sur les pièces des collections Cardan et Atomo, et le traitement de surface en or noir propre aux lignes Mitsouko.
Le réseau d’Eduard Grygorian et ses relations avec des collections privées européennes et des marchands spécialisés permettent de sourcer des pièces Marina B avec un héritage vérifiable. Les travaux de conservation, lorsqu’ils sont nécessaires, sont réalisés dans notre atelier de la Côte d’Azur par des artisans formés aux méthodes traditionnelles de la joaillerie italienne et française. Lorsqu’une documentation accompagne la pièce, qu’il s’agisse d’un écrin d’origine, d’esquisses de design ou d’une provenance de vente aux enchères, cette information est partagée intégralement avec le collectionneur.
Valeur de collection et marché secondaire
La production artisanale limitée de Marina B, sa provenance de célébrités documentée — Elizabeth Taylor, Sophia Loren, Grace Kelly figurent parmi les clientes de la maison — et la rareté des pièces issues de la période de création personnelle de la fondatrice avant son retrait dans les années 1990 se combinent pour en faire des bijoux de valeur de plus en plus recherchés dans les ventes spécialisées.
Parmi les pièces les plus convoitées : les boucles d’oreilles Pneu signées et numérotées en or 18 carats avec cabochons d’origine intacts, les parures complètes des collections Trisola et Onda, et les créations en taille Chestnut avec pierres de couleur d’exception. Ces beaux bijoux anciens représentent bien plus qu’un bijou de prestige ordinaire : ils sont les témoins directs d’un moment où une créatrice unique, portée par une conviction artistique réelle, a redefini ce que la haute joaillerie indépendante pouvait être.