Mécanismes de fermeture et marqueurs d’authenticité
Les paires anciennes se datent en premier lieu par leur fermeture. Le système à chaînette, où deux faces décoratives sont reliées par une chaîne d’or souple, équipe la plupart des pièces du XIXe siècle ; il cède progressivement la place au bullet-back à bascule, mis au point autour de 1900, dont la barrette pivote pour faciliter l’enfilage. Suivent au XXe siècle les fermetures à pivot, à toggle et à boule, chacune répondant à une exigence de tenue ou de discrétion sous la manchette. Le poinçon d’or 18 carats ou de platine figure presque toujours sur la barrette ou sur le stem de fermeture, à côté du poinçon de maître pour les boutons de manchette vintage signés Cartier, Boucheron ou Van Cleef & Arpels.
Quand l’émail guilloché signe l’époque
Les faces des boutons de manchette anciens mesurent en général 12 à 18 mm de diamètre, les exemples victoriens d’apparat dépassant parfois 20 mm pour les tenues de soirée formelles. Les techniques manuelles distinguent nettement les époques. La gravure guilloché au tour à guillocher, exécutée avant la pose d’un émail translucide, signe les pièces édouardiennes et les premières créations Art Déco. Le champlevé, où l’émail est coulé dans des cavités gravées à la main, équipe les boutons de manchette anciens plus colorés du tournant du siècle.
L’Art Déco (1920–1935) privilégie le platine rehaussé d’onyx noir, de corail rouge ou de nacre en serti calibré, dans des compositions géométriques symétriques. La période rétro (1940–1955) renoue avec l’or 18 carats massif, parfois dimensionnel, dans des formes sculpturales. La patine accumulée dans les creux du guilloché et le poli d’usage léger sur la barrette fournissent à l’expert en bijoux anciens des indices d’authenticité complémentaires, difficiles à reproduire artificiellement.
La diversité des sous-types (paires à chaînette, modèles à bascule, fermetures à pivot, à toggle, à boule, parures de chemise complètes avec studs assortis) explique la profondeur du segment. Les bijoux anciens boutons de manchette signés et conservés dans leur écrin d’origine atteignent les cotes les plus stables sur le marché secondaire.
Une collection nourrie par l’expertise de la maison
La collection rassemble des paires acquises auprès de successions documentées, de collections privées européennes et de ventes aux enchères chez Christie’s et Sotheby’s, selon des standards de sélection reposant sur l’expertise développée par Eduard Grygorian au cours de seize années en haute joaillerie : David Yurman au Printemps Paris, Boucheron sur la Côte d’Azur, puis Chaumet à Monaco, où la boutique monégasque a occupé la première place mondiale pour la haute joaillerie en 2021. Cette expérience nourrit également les créations contemporaines de la galerie, comme les boutons de manchette Romanée-Conti & Monaco réalisés en or blanc 18 carats et émail peint à la main en collaboration avec l’émailleur Ilgiz Fazulzyanov.
Les pièces font l’objet d’examens dans l’atelier du Sud de la France : vérification des poinçons sur la barrette, contrôle du mécanisme de bascule ou de pivot, stabilisation des chaînettes anciennes lorsqu’un maillon présente une usure. La sélection complète des boutons de manchette anciens est explorable à la Grygorian Gallery.