Le monde de la joaillerie a sa propre manière de mesurer le temps. Son année ne se compte pas en mois, mais en rendez-vous : une semaine de mai sur les rives du Léman, un mois de mars à Maastricht, des journées de septembre à Hong Kong, un printemps entre la Floride et le Nevada. C’est dans les salons que l’on découvre pour la première fois les pierres dont on parlera pendant des années. C’est là aussi que des pièces restées des décennies dans des collections privées se montrent au public pour quelques jours — parfois pour disparaître aussitôt, dans une nouvelle collection.
Pour une galerie consacrée aux bijoux vintage et signés, aux diamants rares et aux pierres de couleur, ces journées sont les plus importantes de l’année. La Grygorian Gallery expose dans les plus grands salons du monde, et nous avons réuni dans cet article les huit rendez-vous qui définissent la scène joaillière d’aujourd’hui. Ce n’est pas un classement, plutôt un voyage : chaque salon a son caractère, son public et son rôle. Certains s’adressent à un cercle étroit de connaisseurs, d’autres accueillent des dizaines de milliers de visiteurs ; certains sont voués à l’ancien, d’autres aux collections nouvelles. Certains n’ouvrent qu’aux professionnels, d’autres reçoivent quiconque aime les pierres — mais tous vivent des trois mêmes choses : la rareté, le savoir-faire et l’histoire. Ensemble, ils dessinent la carte du monde de la haute joaillerie.
1. GemGenève. Genève, Suisse
S’il existe un salon que les professionnels considèrent comme véritablement le leur, c’est GemGenève. Il a été fondé en 2018 par deux grands connaisseurs genevois de la pierre — Ronny Totah, de la maison Horovitz & Totah, et Thomas Faerber, de la Faerber Collection. Chacun avait passé plus de quarante ans à exposer dans les grandes foires du monde, et tous deux savaient exactement ce qui manquait au métier. L’idée qui en est née est simple et juste : un salon conçu par les exposants eux-mêmes — pour leurs pairs et pour les collectionneurs — plutôt que par des organisateurs extérieurs. La première édition, tenue à Palexpo en mai 2018, a réuni 147 exposants et plus de trois mille visiteurs.

Depuis, GemGenève est devenu l’un des rendez-vous majeurs du monde des pierres précieuses, tout en cultivant délibérément son caractère intimiste. Les stands y sont sobres, presque austères ; la lumière est réglée pour chaque variété de pierre ; et l’atmosphère évoque davantage un club privé qu’une foire commerciale. Les grandes maisons viennent elles aussi à Genève — mais plus souvent en visiteuses qu’en exposantes. La dixième édition anniversaire, en mai 2026, a accueilli plus de 240 exposants et un record de 5 365 visiteurs ; depuis 2018, plus de 32 000 personnes ont franchi les portes du salon. Dès le premier jour, GemGenève s’est construit sur deux principes — la transparence et l’honnêteté — et, dans un métier souvent accusé d’opacité, c’est devenu le plus fort argument de confiance.
Le rayonnement du salon est désormais mondial : la dixième édition a reçu des visiteurs de 109 pays. Dans l’esprit, pourtant, GemGenève reste une histoire genevoise — posée, confidentielle, bâtie sur la réputation. Le marché qui s’y dessine est révélateur. Les acheteurs recherchent de plus en plus les pierres non traitées : émeraudes de Colombie sans huile, saphirs du Cachemire, rubis du Mozambique non chauffés. La demande de bijoux à histoire croît tout aussi sûrement — les pièces à provenance, ayant appartenu à des personnalités, s’apprécient plus vite que les autres, une tendance que les organisateurs constatent année après année.
GemGenève, du reste, ne se réduit pas au commerce. Chaque édition s’accompagne d’un programme culturel digne d’un musée : expositions thématiques, conférences d’historiens et de gemmologues, vitrine de jeunes créateurs et espace des métiers d’art où travaillent, sous les yeux des visiteurs, des artisans aux savoir-faire rares. L’exposition « Pearl Odyssey », par exemple, retraçait l’histoire de la perle de l’Antiquité à nos jours. Le salon coïncide avec la grande semaine genevoise des ventes de haute joaillerie chez Christie’s, Sotheby’s et Phillips — ces jours-là, Genève devient la capitale mondiale des pierres précieuses. La dixième édition avait pour thème central les diamants de couleur, tandis que l’exposition temporaire « Shaping Matter, Enhancing Beauty », montée avec la Fondation Baur, montrait comment les artisans de tous les siècles ont transformé le jade, le corail et d’autres matières naturelles en œuvres d’art. Fierté particulière de l’édition anniversaire, le Village des créateurs réunit de jeunes talents venus de quatre continents aux côtés des maisons établies ; de l’aveu même des organisateurs, son succès a dépassé toutes les attentes. Et chaque édition se clôt par les GemGenève Awards, qui récompensent jeunes joailliers, auteurs de gouachés et plus belles photographies d’inclusions.
La Grygorian Gallery a exposé à GemGenève en 2025 et 2026. En 2025, la galerie comptait parmi plus de deux cents participants venus de vingt pays, présentant des bijoux signés Cartier, Van Cleef & Arpels, Bulgari, Boucheron et Chaumet — dont le bracelet « Pégase » de Boucheron et un jonc Bulgari serti d’un diamant Fancy Yellow de 32,32 carats. En 2026, nous recevions nos hôtes au stand C92. GemGenève demeure pour nous l’un des salons les plus chers à notre cœur : son atmosphère intimiste invite à parler de chaque pièce, sans hâte.
2. TEFAF Maastricht. Maastricht, Pays-Bas
Si GemGenève est le salon des connaisseurs de la pierre, la TEFAF est le sommet de tout le monde de l’art et des antiquités. The European Fine Art Fair se tient à Maastricht depuis 1988 ; née de deux foires plus modestes des décennies précédentes — Pictura, vouée à la peinture, et De Antiquairs, aux antiquités —, elle est aujourd’hui presque unanimement tenue pour la plus prestigieuse foire d’art, d’antiquités et de design au monde. En mars 2026, sa trente-neuvième édition a réuni au MECC 277 galeries de 24 pays et cinq continents, avec une exposition embrassant sept millénaires d’histoire de l’art, des bronzes antiques au design contemporain.

Ce qui distingue la TEFAF de toute autre foire, c’est le vetting — la procédure de vérification la plus rigoureuse au monde. Avant l’ouverture des portes, chaque objet est examiné : quelque deux cents experts indépendants, répartis en trente comités spécialisés, en évaluent l’authenticité, l’état et la provenance. Ils s’appuient sur une équipe scientifique dotée d’analyses par fluorescence X et de microscopes 3D, ainsi que sur l’Art Loss Register, la plus grande base de données d’œuvres perdues ou volées. Voilà pourquoi les grands musées de la planète — du Louvre au Met en passant par le Rijksmuseum — font leurs acquisitions à la TEFAF : la qualité muséale y est garantie par le système de sélection lui-même.
La joaillerie est l’une des huit sections principales de la foire. Les commissaires veillent à l’équilibre entre bijoux anciens, œuvres de joailliers-artistes indépendants et grandes maisons ; figurer sur la liste des exposants est en soi une marque d’appartenance à la première ligue, tant la sélection est exigeante — pas moins que le vetting. La foire n’en reste pas moins ouverte à tous : n’importe quel amateur peut acheter son billet, et une semaine durant, chaque mois de mars, la paisible Maastricht devient la capitale du collectionnisme mondial. La TEFAF a d’ailleurs une sœur américaine : chaque printemps, TEFAF New York investit le Park Avenue Armory — 88 galeries en mai 2026.
La Grygorian Gallery n’a pas encore exposé à la TEFAF, mais c’est cette foire qui fixe l’étalon auquel se mesure tout le marché des objets à histoire — et aucun panorama des grands salons du monde ne serait complet sans elle.
3. Jewellery & Gem WORLD Hong Kong. Hong Kong
Le plus vaste salon joaillier de la planète se tient à Hong Kong. Jewellery & Gem WORLD Hong Kong, organisé par Informa Markets, passe pour le plus grand événement joaillier du monde — et les chiffres le confirment. En 2023, le salon a attiré quelque 53 900 acheteurs professionnels de 142 pays, tandis que plus de 3 400 exposants y présentaient leurs collections ; sept visiteurs sur dix viennent de l’étranger.

Le salon est si vaste qu’il occupe deux sites à la fois. L’AsiaWorld-Expo, près de l’aéroport, est dévolu aux pierres elles-mêmes : diamants, gemmes de couleur et perles. Le Hong Kong Convention and Exhibition Centre, au cœur de la ville, présente les bijoux finis et tout ce qui entoure leur création, des outils aux technologies les plus récentes. Les dates des deux sites sont volontairement décalées de quelques jours, afin que l’acheteur puisse travailler sur les deux en toute sérénité — choisir d’abord les pierres, puis les pièces finies. À l’intérieur, le salon se divise en dizaines de pavillons thématiques et nationaux : la Belgique et le Brésil, l’Italie et Israël, l’Inde, le Japon, la Thaïlande et d’autres nations joaillières y montent leurs propres expositions. Le volet commercial se double d’un vaste programme éducatif, avec le concours des grandes maisons et des principaux laboratoires de gemmologie. Outre l’édition phare de septembre, Informa Markets organise aussi à Hong Kong, chaque mois de juin, Jewellery & Gem ASIA Hong Kong — le grand rendez-vous de mi-année pour l’approvisionnement en pierres et en bijoux, qui a réuni en 2026 près de vingt-quatre mille acheteurs professionnels de plus de cent pays.

La ville elle-même joue son rôle. Hong Kong est un port franc : ni TVA ni droits de douane sur la plupart des marchandises, une logistique remarquable et une position à mi-chemin entre l’Asie et l’Occident. Rien d’étonnant à ce que l’année du métier se soit depuis longtemps organisée autour du calendrier hongkongais : l’été, on choisit pierres et modèles ; l’automne, on achète les pièces finies, à la veille des fêtes.
La Grygorian Gallery a participé à Jewellery & Gem ASIA Hong Kong en juin 2026 : au stand 1E222, nous présentions bijoux vintage et signés, diamants d’investissement et pierres de couleur rares. Le marché asiatique compte beaucoup pour la galerie : l’appétit des collectionneurs pour les pierres rares et le vintage signé européen y grandit d’année en année.
4. Hong Kong International Jewellery Show. Hong Kong
Hong Kong est si puissante dans le commerce joaillier que son calendrier accueille deux salons d’envergure mondiale. Au printemps, la ville reçoit le Hong Kong International Jewellery Show, organisé par le Hong Kong Trade Development Council (HKTDC). En 2026, il s’est tenu pour la quarante-deuxième fois et demeure l’un des salons les plus anciens d’Asie.

Ici aussi, le format des deux sites s’applique : parallèlement au salon joaillier du HKCEC, l’AsiaWorld-Expo accueille le Hong Kong International Diamond, Gem & Pearl Show, consacré aux diamants, aux pierres de couleur et aux perles. Ensemble, les deux événements rassemblent environ quatre mille exposants de plus de quarante pays et forment, selon les organisateurs, la plus grande place de marché joaillière « tout-en-un » du monde. L’exposition s’organise en zones : le Hall of Fame est réservé aux bijoux de marque, le Hall of Extraordinary aux pièces d’exception, tandis que des espaces distincts abritent une galerie de créateurs et une arène des jeunes talents. En 2026 a fait ses débuts le pavillon du World Gold Council, consacré à l’or pur durci — une technologie qui rend les pièces d’or pur plus résistantes et plus légères. Le salon ne cesse de croître : en 2026, le Hall of Fame s’est agrandi de plus de quarante pour cent, une délégation nationale d’Ouzbékistan est venue pour la première fois, et une cinquantaine de créateurs ont montré leur travail dans les zones de design. Sept exposants sur dix viennent de l’étranger.

Le public est professionnel : maisons de joaillerie, boutiques et fabricants du monde entier viennent y chercher fournisseurs et collections. Pour une galerie, participer à un tel rendez-vous, c’est percevoir avant les autres l’évolution du goût sur le marché asiatique.
En mars 2026, la Grygorian Gallery a exposé au Hong Kong International Jewellery Show avec une collection de bijoux vintage, de pierres rares et de montres.
5. Original Miami Beach Antique Show. Miami Beach, États-Unis
Si les salons de Hong Kong impressionnent par leur ampleur, l’Original Miami Beach Antique Show séduit par sa profondeur. C’est l’une des foires d’antiquités les plus anciennes et les plus respectées d’Amérique du Nord : 2026 en marquait la soixante-deuxième édition. Le salon est produit par U.S. Antique Shows au Miami Beach Convention Center — le complexe même où se déploie chaque année Art Basel Miami Beach.

Le programme déborde la seule joaillerie : aux côtés des bijoux et des montres, on y trouve mobilier ancien, peinture, arts décoratifs et mode vintage. Le cœur de l’événement n’en demeure pas moins ses vitrines de bijoux. En 2026, la foire a réuni plus de six cents spécialistes reconnus de l’antiquité, venus d’une trentaine de pays. Les bijoux georgiens, victoriens et édouardiens y côtoyaient l’Art déco ; les Rolex et Patek Philippe vintage, les pièces signées Cartier et Van Cleef & Arpels ; non loin, de rares bijoux non signés attendaient leurs amateurs, précieux par leur singularité même. On y croise aussi de rares sacs Hermès : la foire a depuis longtemps débordé le cadre du seul bijou.
Fierté particulière du salon, le programme éducatif : rencontres avec des historiens du bijou, conférences sur la provenance et journée d’expertises verbales gratuites assurée par la maison de ventes Bonhams Skinner — chaque visiteur peut apporter un objet et recueillir l’avis d’un expert. Les séances vont du collectionnisme horloger et de l’histoire du bijou à l’art d’intégrer une pièce ancienne dans un intérieur ou une garde-robe d’aujourd’hui, tandis que le panel « Tales from the Trade » fait raconter aux marchands les coulisses du métier. On aime ici montrer les objets, mais aussi raconter leur histoire : presque chaque pièce arrive avec un passé documenté.
La Grygorian Gallery a pris part à l’Original Miami Beach Antique Show 2026. Pour une galerie vouée aux bijoux vintage et signés, difficile d’imaginer cadre plus naturel : les collectionneurs qui viennent ici entendent la provenance aussi bien que les professionnels.
6. Las Vegas Antique Jewelry & Watch Show. Las Vegas, États-Unis
Chaque printemps, l’hôtel Wynn Las Vegas se mue pour quelques jours en club privé des amateurs de bijoux anciens : il accueille le Las Vegas Antique Jewelry & Watch Show, autre production de U.S. Antique Shows. C’est la plus grande foire des États-Unis entièrement consacrée aux bijoux et montres anciens et de collection. L’entrée est réservée aux professionnels — d’où une concentration exceptionnelle d’acheteurs sérieux : en quelques jours, on peut y voir les collections d’exposants du monde entier sans courir des dizaines de show-rooms. L’échelle n’en est pas moins considérable : le salon réunit jusqu’à quatre cents exposants de près de vingt pays, chacun rigoureusement sélectionné par les organisateurs — seules les pièces d’un niveau irréprochable atteignent les vitrines.

Une part du charme du salon tient à son environnement. Il se tient dans le même hôtel, aux mêmes dates, que COUTURE — l’un des grands rendez-vous américains de la création joaillière contemporaine ; tous deux s’inscrivent dans la « semaine du marché » annuelle de Las Vegas, quand la profession presque entière converge vers la ville et que l’immense salon JCK se déploie à côté, au Venetian Expo. Ces quelques jours-là, Las Vegas est la capitale joaillière de l’Amérique. D’où une intrigue savoureuse : créateurs et dirigeants des maisons contemporaines viennent à la foire des antiquaires chercher des pièces d’archives de leurs propres marques — et les rachètent pour leurs collections. Dans les vitrines, on retrouve régulièrement Cartier, Van Cleef & Arpels, Bulgari, David Webb, Verdura et Tiffany & Co., ainsi que des Rolex et Patek Philippe vintage, de l’époque georgienne à nos jours.
En 2026, la Grygorian Gallery y exposait, au stand 142, des bijoux anciens et signés, des montres de collection et des pierres rares. Pour la galerie, c’est un rendez-vous essentiel avec le marché américain, où la rareté d’un objet et son histoire priment sur tout.
7. New York City Jewelry & Watch Show. New York, États-Unis
New York, l’une des capitales mondiales de la joaillerie, possède sa propre vitrine pour les amateurs de bijoux vintage et anciens : le New York City Jewelry & Watch Show. À la différence des salons professionnels fermés, celui-ci est ouvert au public, et c’est là que maisons et galeries rencontrent les collectionneurs en tête-à-tête.

Le salon est organisé chaque automne par le Palm Beach Show Group, l’un des grands producteurs américains de foires d’art, d’antiquités et de joaillerie. Il se tient au Metropolitan Pavilion, dans le quartier de Chelsea, à Manhattan. L’automne 2025 a vu la dixième édition anniversaire : quatre jours de bijoux et de montres anciens, de succession, contemporains et de créateurs, complétés pour la première fois par une section dédiée aux talents émergents. L’atmosphère y est intimiste, presque celle d’une galerie : loft industriel, vitrines gainées de velours et éclairages ponctuels composent un décor plus muséal que commercial. Les bijoux georgiens, victoriens, édouardiens et Art déco y voisinent avec des pièces signées Van Cleef & Arpels, Cartier, David Webb et Tiffany, et avec le travail d’horlogers indépendants. La onzième édition est déjà annoncée pour octobre 2026 — signe que la formule a trouvé son public.
La Grygorian Gallery a participé au New York City Jewelry & Watch Show en octobre 2025. Le fondateur de la galerie, Eduard Grygorian, a souligné que le salon new-yorkais avait permis de révéler avec une plénitude particulière la maîtrise d’exécution des pièces présentées — et offert des rencontres avec des collectionneurs qui chérissent véritablement l’héritage de l’art joaillier.
8. VicenzaOro. Vicence, Italie
Notre liste se referme sur une foire sans laquelle aucun récit de l’art joaillier ne serait complet : l’italienne VicenzaOro. Vicence est ville d’orfèvres depuis des siècles : une corporation de joailliers y existait dès 1333, et la basilique palladienne abrite aujourd’hui le Museo del Gioiello, unique musée du bijou en Italie. Le salon lui-même est né en 1954 comme revue nationale de l’orfèvrerie d’or et d’argent et a fêté ses soixante-dix ans en 2024. Il est organisé deux fois l’an, en janvier et en septembre, par Italian Exhibition Group, à la Fiera di Vicenza.

VicenzaOro est vouée avant tout à l’or et au design joaillier italien. En parallèle se tient T.Gold, salon des technologies et des machines du métier, tandis que l’espace VO Vintage attire les amateurs de bijoux et de montres anciens. La foire rassemble plus de 1 300 exposants et quelque vingt mille visiteurs de plus de 130 pays ; c’est ici que, deux fois l’an, se dessinent les tendances européennes de l’or et du design. Six visiteurs sur dix viennent de l’étranger, mais l’exposition demeure profondément italienne : des centaines de maisons représentent les grands districts joailliers du pays — Vicence, Valenza, Arezzo, Milan et Torre del Greco. Par l’esprit, VicenzaOro rappelle les semaines de la mode : premières de collections, remise des VO Awards, programme culturel sur fond d’architecture palladienne. Derrière tout cela, une formidable tradition industrielle : le label Made in Italy demeure l’un des plus respectés du monde joaillier, et les exportations annuelles italiennes de bijoux d’or et d’argent se chiffrent en milliards d’euros. La Fiera di Vicenza achève en ce moment une vaste reconstruction : pour l’édition de septembre 2026, un nouveau pavillon de deux niveaux et de 22 000 mètres carrés ouvrira à l’emplacement des halls historiques. Une fois la rénovation achevée, T.Gold rejoindra l’exposition principale — et VicenzaOro restera la seule foire au monde où les machines joaillières fonctionnent à même les halls d’exposition.

La Grygorian Gallery n’a pas encore exposé à VicenzaOro, mais l’omettre serait injuste : avec Genève et Hong Kong, Vicence demeure l’un des points d’ancrage du calendrier mondial des salons.
Huit salons, une carte
Malgré toutes leurs différences, chacun de ces huit rendez-vous occupe dans le monde joaillier une place irremplaçable. GemGenève est le salon intimiste des connaisseurs de pierres rares et de bijoux signés. La TEFAF, l’étalon muséal, avec la sélection la plus stricte qui soit. Hong Kong, la démesure et le point de rencontre de l’Orient et de l’Occident. Miami et Las Vegas incarnent l’école américaine de l’antiquité, avec son culte de la provenance. New York, la scène ouverte où les galeries parlent directement aux collectionneurs. Vicence porte la tradition européenne séculaire de l’or.
Certains signes des temps leur sont communs. Les salons d’antiquités le cèdent aux géants du commerce par le nombre, non par l’influence : c’est là que surgissent les objets à l’histoire documentée. Les grandes foires marchandes, de leur côté, enrichissent toujours davantage le commerce de programmes culturels et éducatifs. Et le marché dans son ensemble se tourne vers les bijoux vintage et signés, prisés à la fois comme valeur culturelle et comme placement sûr — une évolution que les bilans de GemGenève confirment année après année. La nature même des salons change : d’événements purement marchands, ils deviennent des institutions culturelles, avec expositions de niveau muséal, conférences, concours de jeunes créateurs et programmes pour étudiants. Pour le collectionneur, cela signifie une chose simple : le salon est aujourd’hui le meilleur endroit non seulement pour acquérir un bijou, mais pour apprendre à le comprendre.
Le calendrier mondial a d’ailleurs son propre rythme : Genève vit de sa semaine de mai, entre ventes et salons ; Hong Kong, de ses deux saisons d’achat ; les foires américaines s’égrènent sur presque toute l’année ; et Vicence donne deux fois l’an le ton européen de l’or. Pour voir le tableau entier, il faut fréquenter plusieurs de ces rendez-vous à la fois — c’est pourquoi les salons demeurent le cœur battant du métier, quel que soit l’essor du commerce en ligne et des enchères.
Pour la Grygorian Gallery, participer à ces événements est bien plus qu’une occasion de montrer sa collection. C’est rencontrer des collectionneurs du monde entier, échanger avec ses pairs — et la chance rare de découvrir avant tous les pièces qui ne paraissent en public que quelques jours par an. Voilà pourquoi le calendrier des salons de la galerie ne cesse de s’étoffer, et chaque nouveau rendez-vous est annoncé ici en premier.
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